{"id":13336,"date":"2020-10-17T07:12:49","date_gmt":"2020-10-17T07:12:49","guid":{"rendered":"http:\/\/intranet.asbl.ca\/blog\/?p=13336"},"modified":"2020-10-05T16:53:38","modified_gmt":"2020-10-05T16:53:38","slug":"la-machine-infernale-rencontre-oedipe-sphinx","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/intranet.asbl.ca\/blog\/2020\/10\/17\/la-machine-infernale-rencontre-oedipe-sphinx\/","title":{"rendered":"La Machine Infernale Rencontre Oedipe Sphinx"},"content":{"rendered":"<p>Jocaste pr\u00e9pare \u0152dipe \u00e0 la visite de Tir\u00e9sias. Le jeune roi refuse de se soumettre \u00e0 cette coutume, mais Jocaste insiste et \u0152dipe accepte \u00e0 contrec\u0153ur. Acte III, La nuit de noces : \u0152dipe face \u00e0 Tir\u00e9sias pp. 104-105, de Il se jette sur Tir\u00e9sias.. \u00c0.. Fils de roi. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/i41.servimg.com\/u\/f41\/14\/21\/96\/09\/theatr10.png\" alt=\"la machine infernale rencontre oedipe sphinx\" align=\"left\"> 11Le d\u00e9sert est le lieu par excellence de laccomplissement du destin. Toutes les routes convergent vers le croisement de trois chemins, vers le lieu de lhomicide de La\u00efos. Si le d\u00e9sert appara\u00eet comme un labyrinthe dinnombrables parcours, pour \u0152dipe il nexiste quun seul parcours possible, celui qui lui a \u00e9t\u00e9 dict\u00e9 par loracle dApollon, en direction de Th\u00e8bes. Le choix des lieux du tournage la campagne, le d\u00e9sert, la ville, des costumes ceux de Polybe, Jocaste, et des masques de loracle et du Sphinx, cr\u00e9e une atmosph\u00e8re archa\u00efque et onirique. Dans un d\u00e9cor maghr\u00e9bin d\u00e9sertique, Pasolini m\u00e9lange la culture africaine antique, lAntiquit\u00e9 sum\u00e9rienne et la tradition azt\u00e8que, pour repr\u00e9senter un d\u00e9sert all\u00e9gorique, en tant que contexte physique hors du temps, rendu symbolique par lemploi de panoramiques horizontaux. De plus, il utilise un filtre orange pour raviver la couleur ocre des montagnes d\u00e9sertiques, quil d\u00e9finit lui-m\u00eame comme la couleur chaude du mythe, de lHistoire, du d\u00e9sert. Le d\u00e9cor du film t\u00e9moigne ainsi dun \u00e9loignement d\u00e9cisif de la r\u00e9alit\u00e9 politique et sociale italienne, par rapport \u00e0 l\u0153uvre cin\u00e9matographique ant\u00e9rieure de Pasolini. Lespace visuel semble vouloir \u00e9chapper \u00e0 lespace r\u00e9el. Jean Cocteau, La Machine infernale, 1934, 78 p, Gr\u00e8ce est celle de lautochtonie ; lautre \u00e9tant le \u0152DIPE : prenant sa course vers la droite. Vainqueur! Il s\u00e9lance et sort par la droite. Le Sphinx glisse dans la colonne, dispara\u00eet derri\u00e8re le mur, repara\u00eet sans ailes. De m\u00eame, le second personnage mis en sc\u00e8ne, la matrone, est tout aussi loin du mythe. Il sagit dune femme anonyme, dont la d\u00e9signation est emprunt\u00e9e \u00e0 lantiquit\u00e9 romaine : cest, \u00e9tymologiquement la femme dun citoyen. Mais le terme a \u00e9volu\u00e9 vers un sens p\u00e9joratif, pour qualifier une m\u00e8re de famille, au physique le plus souvent imposant, qui aime bavarder et faire des comm\u00e9rages. Cocteau r\u00e9alise un amalgame entre ces deux connotations car elle aime, de toute \u00e9vidence, bavarder, et montre toute son \u00e9nergie quand elle sindigne des actes de son fils, tr\u00e8s banals : monter sur la table, criant, gesticulant, pi\u00e9tinant. Mais elle est aussi dans son r\u00f4le de m\u00e8re de famille, dans la situation banale de ne pas pouvoir se faire ob\u00e9ir de ses fils adolescents : la maison est devenue inhabitable, cest impossible de sentendre Enfin, elle repr\u00e9sente la vie des citoyens, le petit peuple avec ses pr\u00e9occupations on cr\u00e8ve de famine, les prix montent, il faudrait un homme \u00e0 poigne et elle en a le langage quotidien, presque vulgaire : cette maudite b\u00eate, des micmacs, le Sphinx quil dit. Cest pr\u00e9cis\u00e9ment parce que Tir\u00e9sias est aveugle au monde des hommes, aux r\u00e9alit\u00e9s terrestres, quil peut percevoir le sacr\u00e9, linvisible. Cest pourquoi \u0152dipe peut qualifier les yeux de Tir\u00e9sias par une comparaison : il y voit son avenir comme dans une boule de cristal. Plusieurs images renvoient \u00e0 lid\u00e9e que ses yeux sont un sorte de livre ouvert, avec la reprise du verbe lire. Analyse : coup de th\u00e9\u00e2tre. Un \u00e9l\u00e9ment crucial na\u00eet du r\u00e9cit des souvenirs et instaure le doute. <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.deliver.roadhappy.com\/wp-content\/uploads\/2012\/07\/Icone-w320-h48034.jpg\" alt=\"la machine infernale rencontre oedipe sphinx\" align=\"center\"> Ainsi s\u00e9tablit une \u00e9trange fronti\u00e8re, fragile, entre la vie et la mort. \u0152dipe comprend do\u00f9 lui viennent ses cicatrices puis avoue na\u00efvement avoir tu\u00e9 un vieil homme au carrefour de Daulie et de Delphes. Jocaste dispara\u00eet soudain. Petits-enfants de Cadmos et Harmonie ont un destin absolument-Les rythmes cr\u00e9ent une sensation d\u00e9touffement, accumulation de verbes dactions 2\u00e8me tirade, rythme binaire qui mime le tricotage, je passe et repasse. La parole, petit \u00e0 petit, emprisonne le h\u00e9ros : sangle, garrotte. Ajustement, avant de vouloir dire juste proportion et enfin Dans La Machine infernale, pi\u00e8ce en quatre actes jou\u00e9e le 10 avril 1934, Cocteau reprend le mythe antique d\u0152dipe, h\u00e9rit\u00e9 de lauteur grec Sophocle, pour pr\u00e9senter sa propre conception du tragique et de la place des hommes dans le monde Abominable. Je le pr\u00e9viendrai, je le sauverai, je le-https:portail.lapossession.ac-reunion.frwordpressblogtl-2014?p288ticket Jean Cocteau aux Baux-de-Provence. Photographie de Lucien Clergue  <img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/etudesanciennes.revues.org\/docannexe\/image\/910\/img-1.jpg\" alt=\"la machine infernale rencontre oedipe sphinx\" align=\"center\">-www.\u00e9tudier.comdisserationsLa-Machine-Infernale-Analyse432932.html mettant en sc\u00e8ne le mythe ddipe \u00e9chappent plus ou Pour d\u00e9jouer cet oracle dApollon, Jocaste, reine de Th\u00e8bes, abandonne son fils, les pieds trou\u00e9s et li\u00e9s, sur la montagne. Un berger de Corinthe trouve le nourrisson et le porte \u00e0 Polybe. Polybe et M\u00e9rope, roi et reine de Corinthe, se lamentaient dune couche st\u00e9rile. Lenfant, respect\u00e9 des ours et des louves, Oedipe, ou Pieds perc\u00e9s, leur tombe du ciel. Ils ladoptent. Jeune homme, Oedipe interroge loracle de Delphes. Le dieu parle: Tu assassineras ton p\u00e8re et tu \u00e9pouseras ta m\u00e8re. Donc il faut fuir Polybe et M\u00e9rope. La crainte du parricide et de linceste le jette vers son destin.  Ecrite en 1932, et jou\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en 1934, cette pi\u00e8ce met en sc\u00e8ne larriv\u00e9e d\u0152dipe \u00e0 Th\u00e8bes, ou plut\u00f4t son retour apr\u00e8s son d\u00e9part de Corinthe. En effet, La Voix nous rappelle, avant m\u00eame que la pi\u00e8ce ne commence, les tenants et aboutissants de lhistoire \u00e0 laquelle nous allons assister : \u0152dipe, s\u00e9tant vu annoncer par loracle de Delphes un destin terrible Il tuera.. Cette m\u00eame impuissance se retrouve dans la fa\u00e7on, ridicule, de faire dispara\u00eetre le fant\u00f4me, des insultes Or, ces soldats, pourtant dou\u00e9s pour les insultes, nen sont plus capables quand cela devient n\u00e9cessaire : Le plus b\u00eate, cest quon nosait pas. Ou plus on prenait lair gauche.. Moins on trouvait quoi dire, o\u00f9 la sym\u00e9trie renforce leur paralysie. Les gros mots ne nous sortaient pas de la gorge, on bafouillait, insiste le soldat, et la sc\u00e8ne, ainsi d\u00e9crite, finit par para\u00eetre totalement absurde! .<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>la machine infernale rencontre oedipe sphinx<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/intranet.asbl.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13336"}],"collection":[{"href":"http:\/\/intranet.asbl.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/intranet.asbl.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/intranet.asbl.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/intranet.asbl.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13336"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/intranet.asbl.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13336\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13337,"href":"http:\/\/intranet.asbl.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13336\/revisions\/13337"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/intranet.asbl.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13336"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/intranet.asbl.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13336"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/intranet.asbl.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13336"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}